Blog polémique et provocateur des doléances du XXIe siècle

Espace de discussion à portée polémique et utopiste

31 mai 2006

Création d'un parti pédophile aux Pays-Bas

L'annonce de la création d'un parti pédophile aux Pays-Bas m'interpelle sérieusement. Que ce soit clairement dit : je ne suis pas un pédophile et je condamne en bloc la pédophilie.
Mais, d'un strict point de vue démocratique, pourquoi pousser des cris d'orfée à l'annonce d'un tel parti ? Aprés tout, ce genre de partis sont justement là pour tester la liberté que nous n'hésitons pas à propager dans le monde à coup de bombes et de mines antipersonnelles.
Si l'on ne peut se servir de la politique pour défendre son point de vue pour des raisons morales, qui est-on pour donner des leçons de démocratie et de civisme à des êtres humains pour qui la religion est au-dessus de tout ?
Je crois que c'est ce cynisme-là qui me fait dire que nous ne sommes plus vraiment en démocratie. Le fait que ce parti existe ne signifie pas qu'il gagnera aux élections, même si une grande partie de la population adhérait à ses idées, chose que je ne conçois évidemment pas, surtout au vu des réactions qu'évoque l'article. Je veux dire : on est tous d'accord aujourd'hui pour considérer que l'écologie est quelque chose dont il faut tenir compte, et pourtant, ce n'est pas pour ça que les Verts gagnent les élections !
Le fait qu'un tel parti puisse ne pas être créer, alors même que l'on tolère les partis d'extrème-droite, néo-nazis et autres pourritures, est à mon sens extrèmement révélateur sur le racisme ambiant et sur la dictature des émotions qui asphyxie nos démocraties.

Enfin, d'un point de vue strictement libertaire et démocratique, je trouve intolérable que l'on interdise à quiconque de penser ce qu'il a envie, et qu'on l'empêche de défendre ses opinions à travers les instances légales propres à chaque pays.
Car c'est pousser ces personnes vers la clandestinité.
Car interdire un parti pour des raisons morales, aussi défendables et partagées soient-elles, c'est la définition même d'une dictature.

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02 février 2006

Jérusalem, une ville internationale ?

L'arrivée du Hamas au pouvoir en Palestine constitue à mes yeux une excellente chose. Pour commencer, cela montre que la notion de démocratie n'est pas forcément liée au christianisme ou, à défaut, à la laïcité. On a bien des gouvernements pro-chrétien dans certaines démocraties, il me paraît complétement légitime d'avoir des gouvernements pro-islam. Ou alors, c'est qu'on n'est pas vraiment pour la démocratie.
La deuxième chose, c'est que l'arrivée au pouvoir de ce groupe extrémiste va l'obliger à faire des choix, que ce soit dans le dialogue avec les israéliens ou dans la lutte armée. Et en l'absence de groupe médiatique encore plus extrémiste que la Hamas, il y a tout à parier que si on arrive à des discussions, à des visées communes, il ne risque pas d'y avoir des troubles-fêtes.
La victoire du Hamas est avant tout une victoire de la proximité politique. A force d'être présents au côté des Palestiniens (contrairement au Fatah qui s'inscrit plutôt dans la plus pure lignée des partis politiques occidentaux, c'est à dire une hiérarchie coupée de sa base), le Hamas a donné un espoir au peuple palestinien qui dépasse largement la simple revanche.
Peut-être cette élection ouvrira la voix à une véritable paix, et qui sait, Jérusalem, qui ne pourra bien sûr appartenir exclusivement à aucun des deux peuples, sera peut-être un jour la première ville internationale, en terme de gouvernance bien sûr. Une telle ville sainte, si elle ne devient pas internationale, sera toujours l'objet de d'une convoitise religieuse. Et avec un peu d'espoir, on peut imaginer que Jérusalem pourrait devenir le symbole d'une réalité mondiale : les frontières nous opposent, supprimons-les. Et je rêve effectivement que Jerusalem devienne la capitale, le symbole de cette unité retrouvée, quand l'économie ne cesse de nous monter les uns contre les autres.
La compétitivité n'est-elle pas finalement la munition de la guerre économique ?

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19 janvier 2006

L'homoparentalité

Je ne comprends pas toutes les réticences que l'on peut actuellement entendre à propos de l'homoparentalité. Les arguments habituels (anormalité du couple, schéma traditionnel inexistant, absence de l'image du père ou de la mère ...) ne reflètent à mon goût qu'un habillage de circonstances à une homophobie, consciente ou inconsciente.
Je trouve qu'il vaut bien mieux deux mamans (ou papas) qui s'aiment et qui souhaitent avoir un enfant qu'un couple d'alcooliques hétérosexuels par exemple. La notion d'homosexualité n'est qu'une des nombreuses "sexualité déviantes" de notre époque. Si l'on n'autorise pas l'homoparentalité, pourquoi ne pas interdire le fait de faire des enfants à des sado-masos, à des échangistes ou à des personnes utilisant des vibromasseurs ?
Demande-t-on à des hétéros quelles sont leurs pratiques sexuelles avant un acouchement ?
Interdire l'homoparentalité, c'est stygmatiser encore un peu plus une population qui a déjà largement souffert (et qui souffre encore pour certains) de préjugés, voire de violences. C'est aussi croire en l'illusion d'un modéle familial qui n'existe plus depuis belles lurettes. Combien de couples mariés divorcent ? Combien d'enfants hors mariage ? Combien de famille monoparentales, recomposées, puis reséparées ?
Interdire aux homosexuels d'avoir des enfants parceque le couple n'est pas représenté par les deux sexes est totalement absurde : si cet argument était vraiment valable, on est en droit de se demander pourquoi on retire pas la garde des enfants d'une personne veuve. Vous imaginez la scène : madame perd son mari dans un accident de voiture, et, comme il n'y a plus de figures du père dans la cellule familiale, on lui retire la garde de ses enfants. Vivant dans un pays égalitaire, si l'on interdit aux homos d'avoir des gosses, alors ils sont en droit de demander à ce que les arguments utilisés contre eux soient aussi valables contre les hétéros (sinon, on retombe dans l'homophobie).
S'attaquer aux homosexuels sur le sujet de la parentalité, c'est également perdre de vue qu'il ne s'agit que d'un cadre juridique, d'une reconnaissance sociale, car les homosexuels qui souhaitent avoir des enfants n'attendent pas une loi pour se débrouiller par leurs propres moyens. Combattre l'homoparentalité devrait être assimilé à de l'homophobie, ni plus, ni moins.
A l'heure où des millions d'enfants crèvent la dalle dans le monde, je ne comprends toujours pas que des solutions faciles à mettre en oeuvre pour pallier à ces atrocités ne soient pas prises d'urgence.
Pour finir, par pur esprit économique (argument souvent sensible pour ceux qui condamne d'un point de vue moral l'homoparentalité), l'homoparentalité aménerait à une augmentation des naissances, et donc des moyens futurs pour financer les retraites de demain, le gros challenge financier des années à venir.
Le seul argument qui puisse éventuellement tenir contre l'homoparentalité est d'ordre moral, et encore, chez des personnes qui, souvent, considérent la colonisation comme une bonne chose et les jeunes comme des délinquants.

Quand vont-ils enfin comprendre que leur ordre moral n'est pas le notre ? Depuis quand une idéologie devrait-elle prendre le pas sur le bien-être d'êtres humains, et plus particulièrement d'enfants ?

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16 janvier 2006

Ma contribution au débat sur le P2P

Le projet de loi DADVSI a eu au moins un mérite : celui d’ouvrir le débat sur le P2P et sur les droits d’auteur. Et c’est à ce titre que je me permet quelques remarques.

Le principal grief contre le P2P concerne l’absence de droits d’auteur, le fait qu’un ayant droit ne touche rien sur un échange effectué par cette technologie. Or, depuis quelques années, on assiste à l’explosion de sites de reventes sur Internet (Ebay, Priceminister, Amazon …) où l’on peut trouver des milliers de disques d’occasion à bas prix que tout un chacun propose à la vente. Imagine-t-on interdire ce type de site au motif que les ayants-droits ne touchent aucun pourcentage sur ces transactions ? Cela ne paraît pas concevable. Et pourtant …
En dématérialisant la musique (via des sites de vente en ligne), on interdit de fait le marché de l’occasion. Pas de support, pas de revente. Pourtant, acheter de disques d’occasion, c’est faire preuve de conscience écologique, en recyclant des produits qui pourraient finir dans les décharges.
On entend aussi que le P2P tue la création. Cependant, le P2P permet à des artistes comme moi de diffuser légalement leur musique. En effet, de plus en plus d’artistes se rassemblent sous la bannière de la musique dite libre. Des licences, comme les Creative Common ou le copyleft, permettent désormais à de petits artistes de ne plus passer par la SACEM (et par ses tarifs exorbitants) pour protéger leur musique. Des sites (par exemple Jamendo) s’appuient même sur le P2P pour diffuser leurs artistes. Interdire cette technologie, c’est interdire à ces artistes de diffuser leur musique. Peut-on imaginer interdire la voiture sous le prétexte que de nombreux conducteurs enfreignent chaque jour le code de la route ? Non. C’est pourtant ce qui se passe avec le P2P. La musique libre est souvent considérée comme une musique au rabais, puisque gratuite. Il suffit pourtant de se promener sur des sites tel que Jamendo ou Musique-libre.org pour bien se rendre compte que la technologie permet aujourd’hui à de nombreux artistes de créer en toute indépendance de véritables chef-d’œuvre. Verra-t-on un jour un DADVSI 2 interdire la musique libre au motif que celle-ci fait de l’ombre aux industriels de la musique ? Rien n’est moins sûr …
Concernant la licence légale optionnelle, qui a été adopté au mois de décembre, mais qui sera probablement amendée, je ne peux m’empêcher de rapprocher cette « solution » du mode de fonctionnement actuel des radios. En effet, celles-ci ne rémunèrent pas directement les artistes : elles paient une redevance à la SACEM pour avoir le droit de diffuser ce qui leur chante. Ce que l’on autorise aux radios (payer un forfait), on l’interdit au citoyen lambda, alors même que nous n’en tirons aucun bénéfice financier. 82% des artistes se disent favorables au P2P et 13461 d’entre eux (au mois de décembre 2005) ont signé une pétition en faveur de celle-ci (sources : ADAMI & SPEDIDAM). Pourtant, ce sont toujours les mêmes qui sont invoqués ou interviewés pour légitimer ce projet de loi liberticide, comme si ces 82% ne signifiaient rien. Il me semble pourtant que ce chiffre fut qualifié de « raz de marée » lors de la précédente élection présidentielle !
De nombreux créateurs jugent que la licence globale reviendrait à payer une entrée dans un supermarché pour prendre ensuite tout ce que l’on veut. Cela démontre à quel point leur vision des choses est mercantile : d’une part, parce que les plus gros téléchargeurs sont aussi les plus gros acheteurs de disques. Mais surtout, parce que l’objet compte énormément au véritable amateur : un mp3 a rarement la qualité du disque pressé (surtout s’il provient d’un magasin de vente en ligne), et la qualité d’un divx ne vaut pas celle d’un DVD. Et quel plaisir de pouvoir prêter un disque, de pouvoir le transmettre à ses amis, mais aussi à sa famille et à ses enfants. En simplifiant le P2P à la gratuité, nos chers créateurs médiatiques montrent une fois de plus tout le mépris qu’ils ont de leur public !
Pour finir, je tiens à rapprocher le phénomène actuel du P2P aux médiathèques municipales que l’on connaît tous. On peut en effet emprunter, sans payer de redevance particulière, des disques, des DVD, mais surtout des livres. Les bibliothèques ont-elles tué le livre ? Je ne le crois pas. Au contraire, elles participent à son essor, en faisant connaître des auteurs qui n’ont pas la chance de bénéficier de plan média, mais surtout, en achetant des livres, qui pour certains ne seront peut-être jamais lu. D’ailleurs, ces médiathèques vivent de l’argent publique. Or, ces budgets sont directement issus de nos impôts. Et d’une certaine manière, nous finançons déjà l’achat de produits culturels que l’on nous interdit ensuite de télécharger.

Une médiathèque est, selon la définition qu’en donne Le Petit Robert, une « collection rassemblant des supports d’information correspondant aux différents médias ». Quelle meilleure médiathèque que le P2P ?

Posté par molotov à 19:59 - Je suis pour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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