24 mai 2006
Connaître l'éligibilité d'une ligne à l'ADSL lors d'un déménagement
Quelque chose de très terre-à-terre aujourd'hui : il me paraît invraisemblable de ne pas savoir si un logement est éligible ou non à l'ADSL avant de le louer !
En effet, l'agence renvoit vers France Telecom, FT renvoit vers l'ART, et l'ART renvoit vers Bruxelles, "qui n'a pas assigné l'ADSL comme faisant partie des besoins publics".
En fait, tant que l'on ne loue pas un logement, on ne peut pas avoir de ligne. Et tant qu'on a pas de ligne, on ne peut jamais être sûr d'avoir l'ADSL.
Alors oui, il y a l'astuce de demander à un voisin son numéro de téléphone pour voir si lui-même est éligible. C'est ce que m'ont conseillé l'agence, France Telecom, l'Art et même la mairie. Or, j'ai l'impression que personne ne prend conscience qu'il est difficile de contacter des voisins quand on est à 500km, qu'on a une liste conséquente de logements disponibles et qu'avoir du 512k est le minimum syndical pour peu que l'on ait des engagements sur le réseau.
Et je ne comprends pas cette logique toute administrative qui consiste à me répondre qu'il faut louer le logement pour savoir s'il est éligible. Personnellement, s'il n'est pas éligible, je ne le prends pas. Alors comment fait-on ?
L'ART (enfin, l'ARCEP) m'a proposé une méthode très facile à mettre en oeuvre : elle me conseille de contacter un voisin à chaque viste de logement pour regarder ensuite sur Degroup Test. Donc, me taper 500 km pour visiter un logement qui ne sera vraiment intéressant que du moment que j'aurai rencontré les voisins, si tant est qu'ils soient présents, bien sûr.
Que tout le monde se renvoit la balle, ça, j'ai l'habitude (en plus je suis chez Free ;)
Mais que personne ne prenne conscience que cette question de l'éligibilité va devenir de plus en plus déterminante dans l'achat ou la location d'un logement me paraît vraiment déconnecté des réalités.
Parceque les voisins, ils sont bien gentils, mais vous, vous donneriez votre numéro de téléphone à toutes les personnes qui visitent l'appart vide d'à côté ?
Il y a quelque chose à faire. Lancer un site communautaire qui permettrait de contacter les voisins avant de faire 500km, ou lancer une start-up dont l'objectif est justement de fournir une réponse sûre quant à l'éligibilité d'une ligne. Ou, plus simplement, que les agences immobilières se sortent un doigt du cul pour prendre conscience qu'Internet est aujourd'hui quelque chose qui compte dans l'achat ou la location d'un logement. Ou, dans un monde idéal, que tout le monde soit assuré d'avoir un accès à du haut-débit (je suis à 6 méga, mais passer à 512k me dérangerait beaucoup moins que d'être en 56k).
11 mai 2006
Le droit de choisir sa nationalité
A l'heure où l'absentionnisme bat des records, où le patriotisme prend une dimension quasi-nationaliste dans ce monde globalisé qui oppose les peuples à travers une guerre économique célébrée dans l'allégresse, qu'est devenue la nationalité ?
A mes yeux, un boulet. Il s'agit encore de l'une des rares choses qui ne soit pas vraiment libre. Si j'ai envie de ne plus être français, c'est mission quasi-impossible. Je vis dans un pays où la politique (entendre nationale : les politiques locaux n'ont généralement pas les mêmes aspirations) est devenue soit un gagne-pain pour fonctionnaire carriéristes, soit un passe-temps pour industriels grandiloquents. Je ne me reconnais vraiment dans aucun parti, et si j'ai effectivement parfois des affinités, je n'adhère tout simplement pas avec le "tout ou rien" propres aux partis politiques. Je n'ai jamais pris ma carte où que ce soit, bien que l'idée m'ait titillée, parceque le concept de parti me semble lui-même issu d'un autre temps.
Du coup, pour la présidentielles 2007, même si je ne suis pas de ceux qui foutent tout le monde dans le même sac, l'idée de voter pour une personne qui ne partage pas ma conception de la politique me laisse un goût amer. Quelle chance y a-t-il vraiment à être français à l'heure actuelle ? Etant jeune, je dois bien considérer que l'avenir que nous propose nos aînés, et particulièrement nos politiques, ne m'enthousiasme pas : pas de projet fédérant la population sur le long terme, pas de changement institutionnels, pas d'anticipation (décroissance par exemple) et des retraites toujours plus élevées à payer en étant obligé de gueuler dans la rue pour se faire entendre avec un risque réel de voir pour la première fois de l'humanité les retraités avoir plus de poids démocratique que la population active ...
Aux Etats-Unis, on constate que les Etats édictent de plus en plus leur loi en fonction de leur électorat. Ainsi, tel Etat va autoriser la cannabis à usage térapeuthique, tel autre va interdire l'avortement, tel autre va se battre pour les droits homosexuels ... En Europe, ces différences législatives sont déjà là depuis longtemps et elles sont même beaucoup plus exacerbées. Dans un monde où la population active supportera un poids des retraites énormes en comparaison de leur poids démocratique, qui pourra empêcher les travailleurs de choisir leur pays en fonction de ses spécificités sociales, économiques, éthiques ou culturelles ? Ce phénoméne existe déjà, mais il reste confiné à la sphére économique. On part pour trouver du boulot (voir les jeunes français au Royaume-Uni ou en Irlande). Mais à terme, pourquoi ne pas partir pour une législation, un projet de vie ou une conception de la démocratie ? D'autant que chaque départ augmente finalement un peu plus le poids des retraites ...
On pourrait finalement aboutir à une surenchère des pays eux-mêmes pour garder leur population active. Ou on importerait massivement des travailleurs immigrés qui eux n'auraient pas le droit de vote, favorisant ainsi ceux qui ont le plus de poids économique, c'est à dire la population inactive (hypothèse envisageable : entre le vieillissement de la population, le papy-boom et le ralentissement de la natalité depuis 40 ans).
C'est déjà le cas ? Continuez, il n'y a rien à voir ...
Eh oui, car seule la nationalité permet de s'exprimer lors des suffrages les plus significatifs. Si je vis aux Etats-Unis, je n'ai pas le droit de voter pour la présidentielle, et un espagnol n'aura pas le droit de voter en France en 2007 ... Et ainsi, dans un monde globalisé où il faudra être mobile pour gagner sa croûte, on musèle la démocratie.
Il est bien sûr difficile d'imaginer un monde où l'on pourrait choisir sa nationalité. Mais aprés tout, si j'achète un terrain, il m'appartient, et je ne vois pas pourquoi je ne pourrai revendiquer une quelconque souverraineté sur ma propriété. D'un point de vue légal, ce serait une horreur : imaginez que je décide par exemple de déclarer ma propriété territoire mexicain, comment concilier par exemple le droit français qui s'applique hors de chez moi et la future dépénalisation des drogues (cannabis, héroïne, cocaïne) ?
En fait, pas tant que ça : on autorise déjà en France des travailleurs à être payés selon les conventions de leur pays d'origine, et non du pays-hôte. Depuis quand les entreprises auraient-elles plus de libertés que les hommes eux-mêmes ?
28 février 2006
La proportionnalité des amendes
Tant que je suis branché sur la question de la justice, j'aimerai aussi que l'on m'explique pourquoi nous n'adoptons pas le systéme d'amendes nordiques, c'est à dire des amendes indexées sur notre niveau de vie. En effet, il me paraît plus qu'inéquitable qu'un rmiste en excès de vitesse doivent payer la même amende qu'un député ou qu'un chef d'entreprise.
Il serait pourtant facile de d'adapter les amendes en terme de revenus. Par exemple : un excès de vitesse (le premier niveau) est puni d'une amende de 45 euros et le SMIC se situe aux alentours de 1000 €. On peut dire que grosso-merdo, une amende pour excès de vitesse est à peu près 1/20 du salaire de base. A partir de là, on pourrait dire que désormais, toute personnes en infraction devra payer 1/20 de son salaire mensuel. Pour le smicard, rien ne change, mais pour le VRP qui prend 15 pv par an, ça le calmera peut-être plus.
Pour les bas salaires, la question se pose différemment : faut-il également l'adapter à la baisse ou fixer un seuil minimal ? Je pense qu'il faut un seuil, car sans ce seuil, les personnes qui n'ont rien pourraient se sentir en position de force, et ça, c'est pas bon pour l'équilibre de la Nation (T'es riche, tu sera riche, t'es pauvre, tu fermes ta gueule).
D'ailleurs, on peut extrapôler ce systéme à toutes les amendes. Une société qui licencie illégalement ne serait pas condamnée à verser les mêmes indemnités suivant qu'elle fait un petit ou un gros bénéfice.
On peut imaginer garder la même grille qu'actuellement pour le seuil minimal, et dapater pour les autres. Ce ne serait pas compliqué à mettre en place : on a réussi à inventer des machines qui prennet des pv et les envoient toutes seules, on doit bien être capables de faire des machines qui puissent être reliées aux centres des impôts ...
Cerise sur le gâteau : ça remplirait les caisses de l'Etat, et on pourrait enfin se dire que la justice est la même pour tous (ouais, parcequ'un smicard qui prend 500 € d'amendes, et un pdg à 500 K€/ an qui prend 500 €, il faut qu'on m'explique où est la justice ...).
Le cumul des peines
Comme vous le savez sûrement, en France, on ne cumule pas les peines de prison. Ainsi, un homme qui viole une femme, qui la bat puis la tue ne verra pas ses peines s'additionner comme aux Etats-Unis : la peine la plus élevée sera sa peine définitive.
Je trouve que c'est un bien mauvais message. Quelque part, cela incite à faire davantage de conneries. Sachant que l'on ne paiera que pour une seule, cela peut pousser à aller plus loin encore, dans un sursaut proche du "de toute façon, c'est foutu, alors à quoi bon ?".
Le meilleur exemple est celui de Pierre Bodein, dit Pierrot Le Fou. S'il existait un cumul des peines, il ne serait jamais sorti de prison. Il fut en effet condamné dans les années 90 à 3 peines de prisons d'un quizaine d'année chacunes. Confusion des peines oblige, il est condamné à la plus importante, qu'il effectuera à moitié pour bonne conduite et grâce présidentielle.
Le problème de cette confusion des peines, c'est qu'elle discrédite souvent le conditionnelle. Tout le monde n'est pas un récidiviste (d'où la force de la conditionnelle), mais dans le cas de Bodein (et d'autres), la multiplicité des peines, leur longueur et ce recours systématique à la confusion des peines montrent un individu différent du condamné-type qui bénéficiera de la conditionnelle.
La confusion des peines fait du mal à la conditionnelle.
Je serais d'avis qu'on réduise toutes les peines encourues en France, mais que l'on restaure le cumul des peines, responsabilisant ainsi même ceux qui sont déjà allé trop loin et limitant du même coup le risque de récidive chez les multi-condamnés. Q'un homme qui viole une femme soit potentiellement condamnable à la même peine qu'un homme qui la drogue, la séquestre, la bat puis la viole me paraît complétement injustifié.
Réduisons toutes les peines de moitié et restaurons le cumul des peines : seuls ceux qui ont beaucoup à se reprocher seront les perdants dans cette histoire ...
21 février 2006
lestelechargements.com
Après le camouflet que
vient de subir le gouvernement sur le P2P avec l'adoption de
l'amendement sur la licence légale optionnelle (LGO), on attendait une preuve de cet
esprit d'ouverture, de la remise en question d'un projet trop orienté
en faveur de l'industrie du disque.
Il y a quelques semaine encore,
avant l'adoption surprise de la LGO, le gouvernement n'avait
pas le temps de dialoguer : il fallait agir dans l'urgence pour éviter
les pénalités financières dont nous menaçait Bruxelles. Sur un sujet
aussi compliqué et important que les droits d'auteur, le gouvernement
avait pris le parti de protéger à outrance l'industrie du disque sans
tenir compte de l'avis des consommateurs, de celui de nombreuses
associations, mais aussi celui de nombreux artistes, connus ou méconnus
du grand public.
L'adoption de la LGO fut un véritable
électrochoc. Premier effet immédiat : les "traîtres" de l'UMP qui
avaient voté pour ce système furent promptement invités à ne pas se
présenter à la séance de vote le lendemain et ils furent remplacés par
des députés tout acquis à la cause du parti. Ces nouveaux arrivants
(Panafieu, Wauquiez ...), qui n'étaient pas là au début des
discussions, se retrouvèrent à défendre et à voter un projet de loi
pour lequel ils n'avaient pas jugé nécessaire de se déplacer la veille,
tandis que ceux qui étaient là depuis le début des débats (Boutin ...)
furent vilipendés pour leur liberté de choix face aux consignes du
parti, méthodes que n'aurait pas reniées certaine "démocraties" à l'époque du stalinisme.
Cette façon de faire vivre l'institution qui est le symbole
absolu du pouvoir démocratique en France est assez particulière.
D'autant plus que pour la première fois, des intervenants extérieurs,
sous le prétexte d'une démonstration montrant le fonctionnement du
téléchargement sur les sites légaux, ont pu tenter de soudoyer nos
députés à l'aide de bons permettant le téléchargement
d'une dizaine de titre, tout cela avec la bénédiction du gouvernement qui leur avait donné des badges d'accès avec la mention
"Ministère de la Culture" (*http://www.pcinpact.com/actu/news/Loi_DADVSI_le_direct_a_21h30_et_premier_scandale.htm).
Presque
deux mois plus tard, l'urgence
n'est plus la même. Ceux qui, trois jours avant les discussions de
décembre, justifiaient l'absence de débat par l'imminence d'une lourde
pénalité financière cherchent désormais non seulement le soutien, mais
surtout la pleine adhésion des internautes. Après avoir de nombreuses
fois déclaré que cet amendement
sur la LGO serait revoté (signifiant au passage tout le respect qu'il a de nos repésentants démocratiques, y compris au sein de son propre camp), le gouvernement a cherché à
créer un semblant de dialogue. Pour commencer, ils ont invité des
bloggueurs pour discuter. C'est M. le Ministre de la Culture qui, dés
le début du mois de janvier, entâme le premier l'opération séduction.
Quelques bloggueurs, un représentant du libre ... L'opération de
communication bât son plein, mais elle brasse beaucoup de vide,
essentiellement parceque ces quelques
personnes ne représentent pas du tout la véritable cible du projet
DADVSI, à savoir, les internautes téléchargeurs sur les réseaux P2P. En
focalisant l'attention sur ces personnes, M. le Ministre donne
l'illusion médiatique d'un véritable dialogue. D'ailleurs, les
bloggueurs
eux-mêmes reconnaissent qu'il s'agit avant tout d'une opération visant
à répandre "la bonne parole sur nos blogs" (dixit Vincent,
d'Interprétations diverses
*http://impunite-zero.blogspot.com/2006/01/djeuner-avec-donnedieu-ministre-amer.html).
Ce qui est tout de même intéressant, c'est
de voir un ministre chercher le soutien de la blogosphere. Il s'agit, à
ma connaisance, d'une vraie première pour un ministre en fonction,
preuve s'il en était que, malgré la désinvolture et le mépris subit
depuis des mois sur ce thème, nous avons été entendu et nous avons un poids non négligé.
Néanmoins, je
ne suis pas vraiment persuadé que cette opération de communication ait fonctionné au sein de la blogosphère et des forums de tout poil.
La tentative de récupération de la Communauté (blogosphere + forumeurs) a pourtant
continué. Une table-ronde fut organisée par M. le Ministre de
l'Intérieur ... euh non ... par M. le Président de l'UMP dans un but
d'ouverture et de dialogue. Les Audionautes, EUCD.info, Jamendo et de
nombreux autres y furent invités. Visiblement, il y a bien eu débat,
chacun des intervenants ayant pu exprimer son point de vue (*
http://tariqkrim.blog.lemonde.fr/tariqkrim/2006/01/compte_rendu_de.html),
y compris les artistes et les maisons de disques. Il faut avouer que
nous sommes désormais loin du mépris affiché par le Ministre de la
Culture. De plus, la récupération est moins visible, M. Sarkosy n'ayant pas cherché à mettre sur la touche des
intervenants réellement représentatifs (je pense notamment aux
Audionautes, à EUCD.info et à Jamendo, unique représentant des musiques libres, qui n'avaient pas eu de carton d'invitation
pour les petits fours chez M. Donnedieu de Vabres).
Aujourd'hui, on nous annonce la création du site http://www.lestelechargements.com, qui serait une plate-forme de discussion entre les différents intervenants de l'industrie de la musique (il n'y a pas un seul artiste "connu" à qui cette expression fait grincer des dents ? Non ? Tant pis ...) et les internautes. L'occasion de renouer un dialogue qui avait été rompu (il y a eu une époque où il y avait un dialogue ?). Bien sûr, cet espace de discussion sera modéré. Bien sûr, ce site étant à l'initiative de la SACEM et de la SACD, il n'y a aucun doute à se faire sur la façon dont sera abordé le sujet de la LGO. De là à dire que cette espace de discussion est orienté avant même d'ouvrir, il n'y a qu'un pas. D'un autre côté, quand quelqu'un veut discuter avec vous après l'avoir refusé pendant des mois et des années, que cette personne se déclare ouverte au dialogue, mais seulement selon ses termes, qu'elle peut à tout moment censurer ce qui ne lui convient pas dans la discussion et que cette personne, accessoirement, aimerait bien vous voir au tribunal avec un procès au cul, ça fait réfléchir sur son esprit d'ouverture et son sens de la discussion, non ?
Il existe déjà des dizaines de sites et de forums sur lesquels un débat constructif aurait pu naître depuis longtemps. Si cela n'a pas été fait, c'est bien que cette industrie ne souhaitait pas dialoguer avec ses clients. La DADVSI et les droits d'auteur en général sont probablement le plus gros sujet de discussion sur tous les forums français depuis des mois. Pourquoi attendre l'adoption de la licence globale pour entâmer un dialogue ? L'intention est louable, certes, mais ce vote de nuit, dans l'urgence, à trois jours de Noël, aurait-il permis la naissance d'un débat si la licence globale n'avait pas été adoptée ?
En
fait, j'ai l'impression de revivre le référendum pour la Constitution
Européenne. Quoiqu'on pense de cette Constitution, il me paraît
hautement préjudiciable pour la démocratie que de considérer que les
Français ont mal voté. Si on leur demande leur avis, il faut être prêt
à l'entendre. Et le site lestelechargements.com me donne sacrément
l'impression d'être conçu dans l'optique de convaincre, et non de
dialoguer. Une manière de dire aux 150 000 signataires de la pétition
anti-DADVSI, aux multitudes d'associations et d'entreprises qui ont
choisi de s'opposer à ce projet de loi, aux 13 500 artistes ayant
signé la pétition pro-LGO, mais aussi à la majorité de nos
députés présents lors des débats qu'ils se trompent et qu'on va leur
montrer pourquoi, alors même que les débats ont déjà eu lieu à l'Assemblée. Ce n'est pas ma conception du dialogue.
Ce site arrive trop tard, le mal est fait depuis longtemps et la confiance, inexistante de part et d'autre.
La remise en question de l'adoption démocratique d'un amendement
pourtant donné perdant, la négation des dizaines de milliers de
signatures des différentes pétitions, des jugements
pourtant souvent favorables aux internautes, l'emploi d'un vocabulaire
normalement employé en temps de guerre pour qualifier les relations
clientèles de cette industrie, la volonté exprimée de préférer le
procés au dialogue durant des années, les menaces, les insultes envers
leurs clients qui les font pourtant vivre, les gardes à vue, les
problèmes du téléchargement légal (interopérabilité, prix exhorbitants
pour de la musique dématérialisée ...) ont eu raison de ma confiance et
c'est pourquoi je ne crois pas un seul instant dans la réalité d'un
dialogue sur le site lestelechargements.com
Il reste donc deux
options : le boycott du site ou la logique du "c'est mieux que rien"
qui semble définir au mieux ce gouvernement jusqu'à présent.
Pour
ceux qui ont encore une bribe de confiance dans cette industrie et qui
seraient donc prêt à dialoguer sur ce site, je conseille de copier
chaque message envoyé, de conserver précieusement les copies et de créer par la suite un site qui regrouperait tous les messages censurés. De cette
manière, nous pourrons voir la censure s'opérer et constater la réelle
nature de ce site (propagande ou dialogue).
Le Ministère de la
Culture,le gouvernement et l'industrie du disque ont décidé cette
initiative ensemble. C'est pourquoi je terminerai en m'adressant
solennellement à eux (je préfére passer par ce texte que par votre
site, sans doute par peur d'être censuré) :
Visiblement,
le gros
problème de la licence légale optionnelle serait le mode de répartition
de cette manne financière. Pourtant, la notion de forfait existe déjà
dans le cinéma (carte UGC-illimitée) et cela ne pose pas de problème de
répartition. Pourtant, des forfaits de téléchargement légaux illimités
existent déjà aux Etats-Unis (et il s'agit principalement des mêmes
catalogues que ceux des maisons de disques qui cherchent actuellement à discréditer
la LGO en France), et cela ne pose pas de problème de répartition. Ma question
est la suivante : si la répartition est vraiment le seul problème que quelques artistes et les maisons de disque voient en la LGO , pourquoi
l'Etat ne considére-t-il pas que cela est finalement de son ressort, de
sa mission de service public, et
ne propose-t-il pas son systéme de P2P, spécialement conçu pour établir
des statistiques afin de permettre au mieux une répartition équitable ?
La question des moyens alloués est superflue : à l'heure actuelle, ces
affaires de téléchargements mobilisent nombre d'enquêteurs et surchargent
des tribunaux qui n'en auraient vraiment pas besoin.
Ce serait une bonne façon de concilier les points de vue, d'arrêter
d'opposer les internautes à l'industrie du disque, mais surtout aux
artistes, qui se retrouvent du coup entre le marteau et l'enclume. A
mon sens, ce serait également un moyen pour le gouvernement de
contrôler cette fameuse LGO, de dépénaliser le P2P tout en montrant qu'il n'est effectivement
pas aussi anti-jeune qu'il le laisse paraître.
Cela
redonnerait aussi l'espoir de voir ce conflit s'arréter un jour, car la
DADVSI ne stoppera pas la chute des ventes de disques, c'est complétement illusoire de
le croire. Au contraire, près
de 8500 personnes ont déjà signé une pétition visant à boycotter
les majors (*http://www.odebi.org/boycothon/) et, avec l'explosion des
sites de ventes d'occasion et de la musique libre, ce chiffre pourrait à l'avenir sans peine
se rapprocher des 150 000 signatures de particuliers contre la DADVSI,
sans véritable préjudice musical pour les mélomanes, mais causant ainsi
un véritable cataclysme pour l'industrie du disque, et ce, en toute légalité !
Cela
montrerait enfin la volonté politique de concilier les points de vue,
et particulièrement ceux de leurs électeurs, tout en revalorisant la
nature
démocratique que perd chaque jour notre pays dans cette affaire.
22 décembre 2005
Rétribuer les artistes ?
La license globale est presque adoptée.
Comment va-t-on rétribuer les artistes équitablement ? Je pense qu'il faut instituer un P2P d'Etat, permettant à l'INSEE d'établir des stats rapides et fiables, et garantissant l'anonymat de chacun. Des sociétés comme BigChampagne établissent déjà des stats, mais confier cela à un organisme privé serait comme donner un os à ronger aux majors, ce dont elles vont être à l'affût après ce camouflet.
Ce soir, je suis fier des députés qui ont su voter pour le bien collectif. C'est pas encore gagné, mais ça fait plaisir de voir que toute cette mobilisation, ces mails et ces pétitions ont eu un impact. Qui peut encore croire à l'absence de poid politique des internautes aprés cette claque que vient de recevoir le gouvernement ?
